Aux origines de

L'Antre-Cave

La fin des procès de sorcellerie

L’Antre-Cave a probablement vu le jour à la fin du xviisiècle, période à laquelle remontent ses plus anciennes archives conservées.

La chasse aux sorcières

Contrairement à bien des idées reçues, en Europe, c’est à la fin du Moyen Âge que débutent les procès de sorcellerie. En France, la première condamnation à l’encontre d’un sorcier est prononcée en 1390. Au cours des xviet xviisiècles, le phénomène prend de l’ampleur. On assiste alors à une véritable chasse aux sorcières entretenue par les nombreuses publications des démonologues. Depuis le célèbre Marteau des sorcières de Sprenger et Kramer (1486) jusqu’à La lycanthropie, transformation et extase des sorciers (1615) en passant par la Démonomanie des sorciers de Jean Bodin (1580), plus de 300 titres viennent gonfler en un siècle l’arsenal technique et pratique des tribunaux, répondant et alimentant une situation souvent incontrôlable sur le terrain. Les « émotions populaires » sont de plus en plus vives à l’égard des sorciers, devins, empoisonneurs, et se substituent souvent à la justice à coup de petites vindictes ciblées. On n’hésite pas à brûler les sorciers et leur maison sans autre forme de procès. Parfois même, ce sont des villages entiers (et leurs habitants) qui sont livrés aux flammes sous prétexte d’une « purification ».

L'affaire des poisons

Dans la seconde moitié du xviisiècle les empoisonnements sont devenus monnaie courante, mais une goutte d’eau fait déborder le vase. L’affaire des poisons, qui éclabousse les plus hautes cimes de l’État, montre à quel point un phénomène essentiellement rural à l’origine s’est immiscé jusque dans les coulisses du pouvoir. La décision est prise : pour rétablir le calme, il faut faire disparaître les sorcières et la sorcellerie !

La Chambre Ardente

Un tribunal spécial est mis en place pour liquider l’affaire des poisons. Parallèlement, la sorcellerie est dépénalisée : le durcissement des procédures rendait la condamnation pour sorcellerie de plus en plus difficile et beaucoup de tribunaux abandonnent purement et simplement les poursuites. En 1682, la Chambre Ardente rend ses conclusions : les sorcières, dépourvues de tout pouvoir occulte, sont présentées comme de banales empoisonneuses. En juillet de la même année, Louis XIV promulgue une ordonnance qui met fin aux procès de sorcellerie. Le texte ne mentionne qu’une seule fois le mot « sorcière », preuve de l’effacement volontaire de tout un pan des croyances et de la culture populaires. Mais suffisait-il de nier l’existence de la sorcellerie et de l’effacer sur le plan juridique pour la faire disparaître à jamais ? Poser la question c’est évidemment y répondre. Ce phénomène aura néanmoins eut le mérite de calmer le peuple et de décourager les simulateurs. Reste que quelques cas préoccupants continuaient à faire du bruit.

L'Antre-Cave

L’État n'était donc plus en capacité de répondre officiellement à ces nouvelles affaires. C'est probablement dans ce contexte qu'est née l’Antre-Cave, bien que les circonstances exactes de sa création ne nous soient pas connues. Il est plus que probable, étant donné le caractère informel de cette société, qu’aucun document n’ait été établi lors de sa fondation. Pour cette raison, et pour en préserver la confidentialité, le groupe ne semble pas avoir reçu une dénomination précise. L'appellation actuelle « Antre-Cave » est totalement fictive. Elle a été imaginée après avoir décidé de rendre publiques quelques-unes de ses archives, et fait probablement référence à l’endroit où se tenaient certaines de ses réunions.

Parcourir nos archives…